L’hortithérapie
Le jardin
« Quand on affirme avoir conçu un espace qui sera favorable à la santé, cela implique une responsabilité de notre part. » Ulrika Stigsdotter
Un jardin de soin, ou jardin à visée thérapeutique, peut être considéré comme tel lorsqu’il est conçu de manière adaptée aux besoins d’une personnes ou d’un groupe de personnes spécifiques. Il peut s’adresser à des publics très variés et donc prendre de nombreuses formes mais demeure « un environnement dominé par les plantes, conçu pour faciliter l’interaction avec les éléments thérapeutiques de la nature » (American Horticultural Therapy Association).
Un potager surélevé ne suffit pas ! Le potentiel thérapeutique d’un jardin dépend de critères spécifiques. Il doit être adapté aux bénéficiaires et proposer des aménagements dont les bénéfices correspondent aux objectifs thérapeutiques recherchés : c’est l’evidence based design. Certains pays adoptent même des labels de qualité afin de garantir le respect de ces critères et justifier d’éventuels soutiens financiers.
De plus, son entretien régulier et rigoureux est également primordial, non seulement pour son esthétique mais surtout pour la qualité et la sécurité des soins.
Le soin
« Le soin ne consiste pas seulement à soigner une maladie, mais à placer le patient dans la meilleure condition pour que la nature puisse agir sur lui. » Florence Nightingale
L’hortithérapie (de hortus = jardin en latin et thérapie) consiste à utiliser le jardinage – ou le jardin – pour atteindre des objectifs thérapeutiques vérifiables chez des personnes diagnostiquées.
Le jardinage thérapeutique utilise les végétaux et le jardinage dans un objectif de bien-être plus général.
Le terme de médiation végétale parfois utilisé montre bien le rôle des plantes et du végétal comme médiateurs dans un processus thérapeutique instaurant une relation différente avec sa santé et le personnel soignant et soutenant le rétablissement ou le bien-être des personnes.
Jardiner ne suffit pas ! L’hortithérapie devrait être pratiquée par une personne formée et les activités définies selon les bénéfices recherchés et se distingue donc du jardinage occupationnel. Une bonne planification permet d’ailleurs de proposer des activités en toute saison.
L’hortithérapeute
L’hortithérapeute accompagne les personnes dans des activités adaptées de jardinage ou de contact avec les végétaux . En tant que membres d’une équipe de soins, il-elle planifie et conduit les interventions en ciblant les objectifs individuels et évalue les bénéfices. Ces interventions soutiennent les capacités existantes et aident les personnes à préserver ou améliorer leur santé.
Comme pour toute thérapie complémentaire, par exemple avec l’art ou l’animal, elle l’utilisation thérapeutique du jardin devrait faire l’objet d’une formation spécifique. Conformément aux standards existant en Europe, les compétences d’un-e hortithérapeute devraient comprendre des connaissances avancées en
- santé : compréhension des principales pathologies et interaction en sécurité avec les personnes ;
- hortithérapie : relation à la nature, végétaux et activités adaptés, planification et conduite d’ateliers ;
- horticulture : connaissance des végétaux et des techniques de cultures, critères de conception d’un jardin à visée thérapeutique, écologie.
Faute de formation et de professionnel-les compétent-es, cette méthode reste largement sous-estimée en Suisse romande où le jardinage demeure la plupart du temps occupationnel et limité à la belle saison. L’hortithérapie est pourtant une véritable méthode thérapeutique complémentaire et non médicamenteuse. Elle s’inscrit parfaitement dans le développement d’un système de santé intégrative plus humaine et plus durable.
Les bénéfices

L’impact positif de la nature sur la santé est pressenti depuis l’antiquité. Le développement actuel de l’hortithérapie se base toutefois sur des recherches scientifiques qui confirment, entre autres
- réduire le stress,
- améliorer la mobilité et de la motricité,
- accélérer le rétablissement,
- diminuer la prise de médicament,
- faciliter les échanges sociaux,
- améliorer l’apprentissage.
De plus, le jardin (ou le végétal) fonctionne comme médiateur et renverse les relations soignant(e)s – soigné(e)s, créant des conditions favorables au bien-être et au rétablissement.


